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Tai-Chi

LE TAï-CHI CHUAN, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le Taï-Chi Chuan ou Taï-Ji Quan, littéralement «boxe du faîte suprême», est aussi appelé boxe de l’ombre car notre véritable ennemi c’est nous-mêmes. La personnalité (du grec «Persona», le masque) est souvent pétrie de schémas de pensée et d’une vision du monde qui peuvent nuire au bien-être. Se battre contre soi-même (notre ombre) est souvent plus difficile que d’affronter les autres. Le Taï-Chi Chuan nous apprend à gérer cet éternel combat.

Pratiquer le Taï-Chi Chuan, c’est apprendre à être lent et doux avec soi-même, à se percevoir avec tendresse.

 

Prendre le temps de ressentir ses muscles, sa respiration, ses battements cardiaques, prendre le temps de s’abandonner en toute confiance à la détente, d’être son propre observateur, c’est s’ouvrir à une prise de conscience différente de notre propre personne.

Cette attention sans pensée nous permet de pressentir que l’on existe, que l’on peut se sentir bien, en dehors du regard des autres et de leurs jugements. Cette perception de soi, associée à la tendresse, pousse inévitablement à s’aimer soi-même, non pas en fonction du regard des autres, et donc des apparences, mais en fonction de cette nouvelle conscience de sa propre individualité.

Un des principes de base du Taï-Chi Chuan est que le Yin engendre le Yang et réciproquement. Si l’on projette cela dans la relation corps et esprit, on peut dire que si la tendresse (sentiment = Yin) engendre des gestes lents et doux (action = Yang), alors le contraire est vrai également. Et ceci peut s’appliquer à toutes les actions de notre vie.

Le Taï-Chi Chuan nous permet également d’être totalement présent, dans l’instant. Encore faut-il le vouloir, car toute forme de pensée ramène le pratiquant au mental et le sort de l’instant! S’il y a un travail à faire: c’est l’apprentissage de l’instant présent. Le secret pour vivre le présent, c’est de le vivre justement. C’est faire en sorte que nos sens soient des récepteurs, sans que le mental n’intervienne, c’est-ŕ-dire en l’absence du passé et du futur. Il faut essayer d’être ouvert aux sensations de la même façon que l’on sent une fleur ou que l’on goûte un fruit. Dès que le mental intervient il y a des mots, et les mots sont toujours limitatifs. Quel rapport avec le Taï-Chi Chuan ? Le Taï-Chi Chuan nous apprend à développer l’attention. Dans un premier temps notre attention va se mettre naturellement sur le geste, son exactitude et sa lenteur, ensuite sur le ressenti de ce qui se passe à l’intérieur du corps. Et c’est la lenteur qui permet cette attention, elle en est à la fois la cause et la conséquence. On apprend donc à se percevoir différemment, en dehors du regard des autres, et à percevoir l’extérieur, les autres, différemment également.

La recherche de l’unité de notre corps dans chaque mouvement permet une bonne intégration du schéma corporel. La différence fondamentale avec d’autres activités corporelles est que le geste est juste, en fonction de notre propre ressenti, et non en fonction du regard extérieur. Notre geste juste est celui que nous arrivons à faire avec le moins de tensions possibles. Avec le temps nous évoluons et notre geste aussi.
Cela peut également s’appliquer à notre attitude dans la vie, c’est même là un des principes fondamentaux du Taï-Chi Chuan, le Tao, la voie.

Le Taï-Chi Chuan est un art martial que l’on peut qualifier de Qi-Gong martial. Cela signifie que le pratiquant de Taï-Chi fait de toute façon du Qi-Gong. C’est par ce côté purement thérapeutique que le Taď-Chi Chuan s’est fait connaître en Occident, le côté martial (notre relation à l’autre) étant de moins en moins, voire plus du tout enseigné. Il s’agit là d’une grave lacune, l’approche globale du Taï-Chi Chuan apportant beaucoup plus sur le plan de la santé et de l’équilibre que son approche purement thérapeutique.

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